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"L'uniforme des carabiniers vaudois à travers les âges."

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Le 1er des carabiniers en 1911

J”ai retrouvé au fond d”une vieille malle ce livre qui appartenait à mon grand-père. Il est malheureusement trop vieux et trop fragile pour le scanner actuellement mais je ferais le nécessaire afin de le mettre en ligne prochainement.

 Pour ceux que le contenu intéresse, voilà un avant goût :

“L’Armée Fédérale a droit à l’amour de tous les Suisses. Elle est la première de nos institutions nationales. C’est pour la créer, que nos petites démocraties cantonales, trop faibles pour se défendre isolément, ont fondé la Confédération.
L’Armée plane très haut au dessus de nos partis, de nos divergences d’opinion, de langues, de races. Elle porte et protège le glorieux drapeau de la Suisse. Elle est notre défense. Elle incarne la Patrie. Aujourd’hui, dans la situation troublée de l’Europe, elle sollicite plus que jamais notre confiance.”

Le peuple Suisse compte sur elle. L’Armée Suisse ne prendra jamais les armes que pour une juste cause, pour l’indépendance et pour la liberté que nous aimons. Qu’elle soit forte et la Suisse vivra!

 

ED. SECRÉTAN
Colonel Divisionnaire.

Quelques notes d'histoire sur les carabiniers vaudois

Par le lieutenant-colonel Jean-Pierre Chuard
Pour la Revue militaire suisse.

Il faut chercher l’origine des compagnies vaudoises de carabiniers dans la création, en 1751, de la Compagnie franche d’Aigle qui donna naissance, seize ans plus tard, à la Compagnie des chasseurs ou carabiniers du Régiment d’Aigle. Par la suite, le nombre des unités de carabiniers fut augmenté et la petite armée vaudoise de 1803 en comptait huit Compagnies indépendantes, formées des meilleurs tireurs de l’époque, elles furent réunies pour la première fois en un bataillon lors de l’occupation des frontières de 1870-1871.

L’organisation militaire de la Confédération suisse de 1874 fit apparaître, à l’ordre de bataille, le bataillon de carabiniers 1 qui, dès lors, connut un sort divers. Tantôt troupe de plaine, tantôt troupe de montagne, le bataillon de carabiniers 1 fut parfois indépendant, parfois enrégimenté, voire embrigadé.

 

Ce sont-là quelques-unes des principales étapes de l’histoire des carabiniers vaudois que je propose d’évoquer ici en insistant sur les caractéristiques de cette troupe dont on a dit et répété – au point d’en rendre jaloux les modestes fusiliers ! – qu’elle devait en quelque sorte constituer l’élite de notre infanterie.

 

1. La naissance du corps des carabiniers :

Les historiens s’accordent à reconnaître, dans les chasseurs de la Compagnie franche du Régiment d’Aigle, les précurseurs non seulement des carabiniers mais encore de nos troupes de montagne.

Créée le 17 septembre 1751, cette Compagnie franche dont le premier commandant fut le capitaine Jean-Pierre Bertholet était formée de volontaires se recrutant à Aigle, à Ollon, à Bex et dans les Ormonts. Pour en faire partie, il fallait être bon tireur, célibataire et âgé de vingt à cinquante ans.

Cette compagnie reçut, semble-t-il, des consignes précises quant à son engagement. Elle était toujours de piquet et devait se rassembler, en cas d’alarme, au pont de Saint-Maurice. Berne l’avaient dispensée des exercices ordinaires des milices, mais avaient prévu pour elle un jour particulier de revue ainsi qu’une somme de cent livres comme prix de tirage.

L’utilité d’une telle troupe dut apparaître d’une évidence telle qu’en 1767 le général Robert-Scipio de Lentulus, qui s’était illustré au service de Frédéric II de Prusse, suggérait au Conseil de guerre de Berne de libérer désormais l’Oberland « des frais inutiles » occasionnés par la fourniture de dragons et de mettre à profit les aptitudes au tir de ses habitants pour constituer un corps de chasseurs.

Le Conseil de guerre se laissa facilement convaincre. Le 15 septembre 1767, en effet, il proposait la création de trois compagnies de chasseurs, en plus de la Compagnie franche d’Aigle déjà existante.

Dans le courant de l’année 1768, ces trois nouvelles unités étaient officiellement constituées et leurs commandants désignées en la personne des capitaines Franz-Rudolf Frisching, Ludwig Ernst, de Montilier près Morat, et Emmanuel Fischer, d’Aubonne. Le capitaine Greyloz, qui était déjà à la tête de la Compagnie franche d’Aigle, fut confirmé dan ses fonctions. Et c’est ainsi que prit naissance notre corps de carabiniers. Il faut ouvrir ici une parenthèse et dire le soin que la ville et République de Berne mit constamment à sa préparation militaire et à l’équipement de ses milices. Visitant l’arsenal de Berne, un jour du mois d’octobre 1755, l’historien anglais Edward Gibbon notait dans son Journal : « Il est certain qu’il n’y a peut-être Nation au monde qui soit aussi bien armée que le sont les Suisses. Pour ne parler que du Canton de Berne, mettons hardiment des armes pour 40”000 hommes dans l’arsenal de la capitale ». Et il faudrait ajouter que les châteaux baillivaux, répartis à travers le pays, constituaient autant d’arsenaux décentralisés.

Au cours du XVIIIè siècle et notamment après la Seconde guerre de Villmergen, en 1712, Berne avait procédé à un certain nombre d’améliorations du fonctionnement de son système défensif et de la mise sur pied de ses milices dont l’effectif ascendait à 50”000 hommes environ. Ils étaient répartis en vingt et un régiments d’infanterie à quatre bataillons chacun, vingt-quatre compagnies d’artillerie, seize escadrons de cavalerie et quelques autres unités.

Le Pays de Vaud, à lui seul, fournissait sept régiments d’infanterie, dont les troupes passaient pour être les meilleures de la République.

L’instruction, toutefois, était encore très rudimentaire. Elle se limitait à quelques exercices des contingents locaux, le dimanche après le service divin, et pendant la belle saison seulement. Mais, Berne, comme les autres cantons suisses d’ailleurs, pouvait compter d’une part sur une forte proportion de soldats revenus du service étranger et, par conséquent, parfaitement aguerris au métier des armes et, d’autre part, sur l’instruction hors service. Celle-ci prenait la forme de tirs dans le cadre des abbayes qui se multiplièrent, dès le XVIIè siècle.

Revenons à nos carabiniers, non pas tant pour parler des démarches entreprises par les capitaines pour trouver, dans les châtellenies de l’Oberland, un nombre suffisant de volontaires, que pour évoquer les améliorations qu’on s’efforça d’apporter à leur organisation.

 

2. Organisation et instruction de la compagnie de carabiniers :

En 1769 déjà, une année après la création des quatre compagnies de carabiniers, le lieutenant-colonel Frisching proposait différentes modifications. Il ne fut, semble-t-il, guère écouté et Berne prit out son temps pour mettre au point le règlement d’instruction et d’organisation des carabiniers. On attendit, en effet, sept ans pour charger la Commission militaire d’en rédiger un, qui fut prêt au début de 1777. Imprimé tout d’abord en allemand, il fut traduit en français et bientôt distribué aux officiers concernés.

Il vaut la peine de s’arrêter quelques instants à ce document, vieux aujourd’hui de deux cents ans et qui, en 89 pages, fixe avec une remarquable précision :

– l’articulation de la compagnie ;

– son armement et son équipement ;

– les devoirs de ses officiers et de ses bas-officiers ;

– l’engagement de la troupe et les exercices à lui faire exécuter ;

– les tirages à blanc et à la cible ;

– les revues et j’en passe.

L'histoire du drapeau Suisse

Alors que l”indépendance et la [[démocratie]] [[suisse]] datent traditionnellement de 1291, il est surprenant d”apprendre que le drapeau national dans sa forme actuelle ne date que de 1889. On peut faire remonter les variations modernes du drapeau à 1815, alors que l”originale croix blanche sur fond rouge date du 15ème siècle. Son inspiration remonte peut-être au 4ème siècle.


Drapeau de St-Maurice

Certains ont prétendu que le drapeau suisse tire son origine du drapeau de la légion thébaine de l”Empire romain, mais l”argumentation est fragile. En 302, Maurice et ses légionnaires chrétiens furent exécutés en Valais pour avoir refuser de se sacrifier à l”Empereur et de réprimer les chrétiens locaux. Longtemps après sa mort, St-Maurice se vit accorder des armoiries: une croix boutonnée blanche sur un fond rouge (qui symbolise le sang des martyres de la légion) et l”armoiries de la ville portant son nom (dont le monastère a été fondé en 515) qui comporte la même croix sur un fond azur et rouge. Les armoiries de St-Victor et de St-Ursannes, patrons de Genève et de Soleure et officiers de la légion thébaine, comportent une similaire croix blanche boutonnée. L”iconographie médiévale décrit parfois le drapeau et les armoiries de St-Maurice comme une croix rouge sur fond blanc, ce qui rappelle les armoiries de St-George.

 


Drapeau de St-George et drapeau de Guerre de l”Empire romain-germanique (© Jaume Ollé)

La plupart des cantons suisses obtinrent leur souveraineté au sein du Saint-Empire romain-germanique et c”est l”empereur qui leur remis leurs étendards. Il s”unirent plus tard dans une Confédération qui passa de 3 membres en 1291 à 13 en 1513. Par la paix de Bâle qui mit fin aux guerres de Souabes, les Suisses se débarrassèrent des derniers vestiges de leurs obligations impériales. Leur indépendance complète fut reconnue en 1648 par le traité de Westphalie qui mettait fin à la guerre de Trente Ans (une guerre à laquelle les Suisses n”ont pas participé).

Une troisième bannière rouge (Blutbahn) était déployée lorsque l”empereur administrait justice. Elle symbolisait son pouvoir de vie et de mort. Lors de l”investiture des vassaux, l”Empereur leur accordait ce drapeau en signe des pouvoirs de vie et de mort qu”il leur transférait.

Alors que les cantons de la Confédération suisse allaient en guerre avec chacun sa bannière propre, ils reconnurent rapidement le besoin d”un signe de reconnaissance commun. Dès la bataille de Laupen en 1339, les troupes suisses portèrent une croix blanche à bras longs et étroits cousue sur leur poitrine, leurs manches et leurs collants.

 


Drapeau confédéré triangulaire de 1422

Peu après, des détachement cantonaux commencèrent à mettre une croix blanche sur leur bannière cantonale. A côté de son traditionnel ours, le puissant canton de Berne avait un drapeau rouge et noir et une croix blanche sur la partie noire devint un signe majeur de reconnaissance. A la bataille d”Arbedo en 1422 et régulièrement par la suite, les détachements comprenant des soldats de plusieurs cantons portèrent un drapeau rouge triangulaire avec une croix blanche (voir l”image à gauche). La dernière fois que ce drapeau triangulaire apparu sur un champs de bataille fut en 1540, époque à laquelle il évoluait déjà vers sa forme quadrilatérale.

Mais 1540 marque également la dernière sortie l”armée confédérale jusqu”à l”invasion française de 1798 et la croix blanche sur fond rouge disparaît de l”usage. La Confédération demeure l”un des gouvernements les plus décentralisés. Et bien qu”elle n”ait pas de drapeau, elle disposait d”un sceau étatique reconnu à travers l”Europe comme l”emblème des 13 cantons. C”était une croix blanche traversante sur un bouclier rouge. Ce symbole devient connu en Suisse sous le nom de “croix fédérale”.


Drapeau des gardes suisses

 


Drapeau des mercenaires suisses – régiment de Meuron

Les prouesses des Suisses sur les champs de bataille leur valaient d”être courtisé par les monarques européens. Les Suisses signèrent des capitulations avec d”autres pays qui recrutaient des régiments entiers de mercenaires. La plupart de ces régiments du 17ème et 18ème siècle, en particulier ceux au service du roi de France, portaient un drapeau avec une croix blanche traversante. Les quartiers créés par cette croix n”étaient pas rouges mais plutôt remplis de toutes sorte d”emblèmes – d”ordinaire des flammes aux couleurs des armoiries du colonel.

 

 


Drapeau fédéral honorifique attribué aux régiments de retour de France

A de nombreux points de vue, la Suisse fit son entrée dans l”ère moderne lorsque les Français renversèrent la Confédération suisse en 1798. La Suisse avait rappelé ses régiments français en 1792 lorsque la garde suisse avait été massacrée à Paris . Mais en 1798 le désordre régnait et seule Berne résista à l”invasion. Lorsque la France impose la République helvétique aux Suisses en 1798, elle recruta également une légion helvétique de quatre régiments pour combattre aux côtés de la France. Alors que les régiments portaient des drapeaux avec l”effigie de Guillaume Tell – le sceau de la République – ces drapeaux n”avaient aucune ressemblance avec l”iconographie suisse antérieure.

 


Drapeau de la République helvétique 1798 (© António Martins)

A la chute de Napoléon, ces régiments rentrèrent au pays et devinrent des troupes de frontière. La Confédération suisse restaurée en 1815 offrit à chacun d”entre
eux un drapeau honorifique (voir l”image à droite) . Ces drapeaux constituent un développement important puisque ils représentent le prototype du drapeau fédéral moderne.

Ils consistaient en une longue et étroite croix blanche, coupée sur les bords du drapeau, sur une fond rouge. Cette croix était pour l”essentiel la centenaire croix fédérale. Mais dans sa forme légèrement tronquée, elle préfigurait la croix fédérale à venir. Une épée entourée de laurier s”étire sur le bras vertical de la croix. Le bras horizontal contient la devise “Für Vaterland un Ehre” (Pour la Patrie et l”Honneur), alors qu”au dos on peut lire “Schweizerische Eidgenosschenschaft” (Confédération suisse).

En 1815, le gouvernement de la Confédération restaurée introduit également un sceau étatique consistant en une courte croix blanche sur une bouclier rouge entouré des armoiries des 22 cantons. (Ce sceau figea par là-même la forme des drapeaux cantonaux). La croix du sceau d”avant 1798 s”est étendue jusqu”au bord du bouclier

 


Le drapeau fédéral du général Dufour. Proposé en 1817, déployé la première fois en 1821, adopté par Argovie en 1833 et dans l”armée entière en 1840.
La croix est composée de 5 carrés égaux.

Le général Henri-Guillaume Dufour, chargé de l”entraînement des cadres des troupes fédérale, lança l”idée d”un drapeau fédéral pour la Suisse. Il défendait l”idée que des cantons se battant sous le même drapeau seraient plus susceptible de sentir une certaines fraternité et de se venir en aide mutuellement en temps de crise (ce qu”ils n”avaient pas fait en 1798). Ce drapeau (voir l”image de gauche) fut déployé pour la première fois lors de manœuvres militaires nationales en 1821 et s”inscrivit graduellement dans l”imaginaire collectif. Il apparaît que son usage non-officiel était largement développé dans les années 1830. En 1833. Argovie – l”un des nouveau canton créé en 1803 – abandonna son drapeau cantonal de guerre en faveur du nouveau drapeau fédéral. D”autres cantons, particulièrement les plus anciens, résistèrent à abandonner des siècles d”histoire à leur nouvelle identité fédérale.

Le drapeau fédérale consistait en une croix blanche trapue faite de 5 carrés égaux sur fond rouge. La transformation de la vielle croix fédérale fut probablement adoptée pour éviter toute confusion avec le drapeau de la Savoie. Le drapeau fut consacré par la Constitution de 1848 qui transforma la lâche Confédération en un Etat fédéral unitaire. Elle le fit si bien qu”aucune modification ne fut apportée lors de la révision de la Constitution en 1874.

Il est évident qu”au vu de son histoire le drapeau national suisse est issu des drapeaux de guerre. C”est pour cela qu”il est carré. Cette originalité parmi les nations du monde n”est partagée que par le Vatican. C”est ironiquement le seul pays pour laquelle la Suisse permet encore le mercenariat.

Compagnie franche

De la compagnie franche d”Aigle au bataillon carabiniers 1

 

En 1751, se forme à Aigle la première compagnie de carabiniers, sous le nom de “Compagnie franche”, composée de volontaires et de braconniers de 20 à 50 ans, armés de la carabine rayée.

Premier capitaine: J.-Pierre Bertholet d”Aigle.

Effectif:

4 Officiers
5 Sergents
4 Caporaux
4 Appointés
2 Musiciens
2 Charpentiers
80 Soldats

Au total: 101 hommes.

Dès 2001, notre bataillon de carabiniers deviendra mécanisé. Cette mutation bénéfique pour notre corps de troupe est un challenge, sachant que, par régiment d”infanterie, un seul bataillon deviendra mécanisé. Au fil du temps, notre corps de troupe a conquis ses lettres de noblesse. Réputé, connu et souvent envié, le bataillon de carabiniers 1 est riche en histoires, en traditions et en anecdotes.{mosimage}

Reconstituée au travers d”archives, il m”est apparu intéressant de relater son histoire. Je l”ai fait en laissant volontairement de côté de nombreux détails, mais en insistant sur ses lointaines origines qui ont, en quelque sorte, conditionné son développement et son évolution au gré des réorganisations de notre armée de milice.

Dans ce contexte, sachant que notre passé et notre avenir sont solidaires et que tout progrès a pour point de départ un respect profond du passé, j”ai trouvé intéressant de retracer l”itinéraire de notre bataillon. Son sort fut divers : tantôt troupe de plaine, tantôt troupe de montagne, le bataillon de carabiniers 1 fut parfois indépendant, parfois enrégimenté, voire embrigadé, comme vous pourrez le découvrir ci-dessous.

1751
Création de la Compagnie franche d”Aigle. Pour en faire partie, il fallait être bon tireur, célibataire et âgé de vingt à cinquante ans. Par la suite, le nombre des unités de carabiniers fut augmenté et la petite armée vaudoise de 1803 en comptait huit.

1767
Création de la Compagnie des chasseurs ou carabiniers du Régiment d”Aigle. Dans les chasseurs, on s”accorde à reconnaître les précurseurs non seulement des carabiniers mais encore de nos troupes de montagne. L”instruction était très rudimentaire. Elle se limitait à quelques exercices des contingents locaux. Elle avait lieu le dimanche après le service divin et pendant la belle saison unique ment. L”instruction hors service prenait une part importante, notamment dans le cadre des abbayes.

1777
Elaboration du règlement d”instruction et d”organisation des carabiniers. La compagnie de carabiniers de 1777 avait un effectif de 110 hommes. Il appartenait aussi au capitaine de recruter. Celui-ci fera plus attention, lui était-il recommandé, à l”adresse et à l”intelligence des hommes qu”à la beauté et à la taille, et il prendra de préférence les meilleurs tireurs, des gens robustes, sains, intelligents, bons marcheurs, de bonne volonté et au fait de la situation du pays.

1803
La loi du 10 juin 1803 sur l”organisation des milices du canton reprend pour l”essentiel le système bernois, plusieurs fois retouché au XVIII ème siècle. Elle pose le principe du service obligatoire de 16 à 50 ans. La compagnie de carabiniers de 1803 se trouve quelque peu allégée par rapport à celle de 1777. Elle compte exactement 100 hommes, choisis, dit la loi, “parmi les meilleurs tireurs à la cible”.

1870
Les compagnies indépendantes, formées des meilleurs tireurs de l”époque, étaient réunies pour la première fois en un bataillon lors de l”occupation des frontières, commandé par le major Bron. Les carabiniers vaudois étaient incorporés dans les bataillons 5 (élite) et 14 (réserve) et formaient, avec les Valaisans, les bataillons 6 (élite) et 15 (réserve).

1874
Message du Conseil fédéral sur l”organisation militaire. Il en résulte une centralisation presque complète de l”armée, réduisant, du même coup, considérablement les compétences des cantons. En effet, les mobilisations de 1870 et de 1871 avaient révélé “de graves lacunes dans la préparation, l”armement et la force des troupes et ces lacunes provenaient en partie de la souveraineté des cantons dans le domaine militaire”.

L”organisation militaire de 1874 conserva les bataillons de carabiniers. Le Conseil fédéral ne trouva qu”un seul argument pour expliquer leur maintien : la plus grande aptitude des carabiniers au tir. Toutefois, s”empressait-il d”ajouter, “cette différence ne justifie ni un autre emploi tactique, ni une autre organisation qui ne ferait qu”entraîner après elle des inconvénients”. Ainsi, l”organisation militaire de 1874 restait fidèle à la tradition faisant des carabiniers avant tout d”excellents tireurs.

1875
Le bataillon de carabiniers 1 se réunit pour la première fois le 7 septembre 1875 à Moudon, pour procéder à sa revue d”organisation. En effet, la ville et la caserne de Moudon étaient familières aux carabiniers pour le tir. Le premier commandant fut le major Constant David de Correvon, plus tard commandant de la 1ère division.

1895
Le bataillon de carabiniers 1 abandonne son statut de corps de troupe indépendant pour faire partie, avec les bataillons de fusiliers 10 et 11, tous deux de Genève, du régiment d”infanterie 4.

1912
Le bataillon de carabiniers 1 forme avec les bataillons de fusiliers 7 et 90 le tout neuf régiment 2, l”ancien régiment 2 ayant pris pour quelques années (jusqu”à la réorganisation de 19251 le numéro 3.

1925
Nouvelle affectation : le bataillon de carabiniers 1 passe, avec les bataillons 8 et 9, au régiment d”infanterie de montagne 5 et devient le bataillon de carabiniers de montagne 1. Il le restera jusqu”en 1938, date à laquelle il revient en plaine, avec le major Rodolphe Rubattel a sa tête (plus tard conseiller fédéral) et constitue, aux côtés des bataillons 4 et 5, le régiment 2, qu”il quittera en 1952 pour retrouver son indépendance. Cependant, il restera administrativement lié au régiment d”infanterie 2.

1961
Le bataillon de carabiniers 1 rompt définitivement avec le régiment d”infanterie 2. Cette rupture a lieu le 8 septembre 1961, lorsque les quatre bataillons vaudois, le 3, le 4 et le 5 de fusiliers et le 1 de carabiniers, défilent une dernière fois ensemble dans les rues d”Yverdon. Le régiment 2, devenu motorisé, allait constituer l”armature de la division mécanisée 1 et le bataillon de carabiniers 1 faire l”apprentissage de nos frontières.

1981
Le bataillon de carabiniers 1 passe au régiment d”infanterie 3 avec les bataillons genevois 3,10 et 13.

1995
Avec la réforme “Armée 95″, le bataillon de carabiniers 1 réintègre tout naturellement le régiment d”infanterie 2 aux côtés des bataillons 2, 4 et 5.

2001
Le bataillon de carabiniers 1 deviendra bataillon de carabiniers mécanisés 1.Courant 2001, se forme à Bière le premier, le seul, bataillon de carabiniers mécanisé, sous le nom de “Bat car méc 1”, armé du char grenadier à roues 93.

2004 La mention “mécanisé” disparait mais le nom reste …..

La gallon pour fusiliers seulement!

« En ce temps là, l’élite des fantassins se rencontrait chez les carabiniers. Conditions essentielle pour en faire partie : être un excellent tireur. Sinon, le conscrit ne pouvait prétendre qu’à être incorporé chez les fusiliers. L’auteur de ces lignes se rappelle l’anecdote qu’aimait à lui raconter son grand-père, Marcel-Eugène Béguin.

Cet habitant de Rochefort devait devenir carabinier : Ainsi en avait décidé son père, carabinier lui aussi. Or, de l’entretien avec l’officier recruteur, en 1906, il revint fusilier au bat 18 – ayant librement choisi cette incorporation, et de surcroît, ayant d’avance mesuré toute la tristesse paternelle qu’il n’avait pas manqué de susciter.

La raison de ce choix ? Tout simplement ceci : les carabiniers étant par définition de fins guidons, ne pouvaient obtenir le galon de bon tireur ; en revanche, les fusiliers, où se rencontraient des tireurs de tout niveau, récompensaient les meilleurs d’entre eux par cette distinction.

Quoique tireur émérite, Marcel-Eugène Béguin choisit d’appartenir aux fusiliers, car il tenait à posséder un signe tangible de ses talents au tir : le galon de bon tireur ! Galon qu’il obtint sans difficulté par la suite.

Plus tard, on le sait, les carabiniers, et avec eux les soldats de toutes les armes, eurent droit aussi au galon de bon tireur. »

Texte tiré du livre : Régiment d’infanterie 8.

Histoire et vie d’une troupe neuchâteloise d’élite. Editions Gilles Attinger – Hauterive.

Une nouvelle bannière pour les carabiniers

BATAILLON – La Société militaire des carabiniers vaudois tient ses assises ce matin à Ollon, avec défilé et présentation de ses nouvelles couleurs…

«Prôner la camaraderie et l’amitié». Florian Stroubhard, président de la Société militaire des carabiniers vaudois (SMCV) n’est pas peu fier de participer à ce qui reste «le plus vieux bataillon et le plus riche en tradition historique, avec une création en 1865», explique l’adjudant d’état-major. Aujourd’hui, garantir la survie de ce groupement fort de plus de 1200 membres de droit, plus 400 membres actifs, est sa principale mission ainsi que celle de la société faîtière.

Pour mieux faire connaître ce morceau de patrimoine, la SMCV organise ses assises annuelles à Ollon. Le «bat car 1» (bataillon carabiniers 1, dont les racines sont dans le Chablais) paradera – en uniforme d’époque pour ce qui est de la Garde d’honneur – au cours d’un défilé avec drapeaux dès 11 h 15 sur la place du Cotterd. L’occasion d’inaugurer son nouveau drapeau (l’ancien ayant fait son temps depuis 1925) et de boire, comme le veut la tradition, à la coupe du comte de Buren, du nom du roi de Hollande qui l’offrit lors de son passage à Montreux en 1874.

Les statuts de 1865

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Merci de lui annoncer tout changement d’adresse en lui envoyant un e-mail ou via le formulaire de contact du site internet.

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Status de la Société militaire des carabiniers vaudois

STATUTS de la Société Militaire des Carabiniers Vaudois
(SMCV)

CHAPITRE I
Dispositions générales

Article premier
La Société Militaire des Carabiniers Vaudois (SMCV) est une association organisée corporativement en conformité des articles 60 et suivants du Code civil suisse. Son siège est à Lausanne, sa durée est illimitée.

Art. 2
Elle a pour but de resserrer les liens d’amitié et de pratiquer l’entraide entre les Carabiniers vaudois.
Elle encourage ses membres à participer aux activités hors du service, notamment le tir et la marche.

CHAPITRE II
Membres

Art. 3
Font partie de la société :
a) sur demande, tous les officiers, sous-officiers et soldats qui ont fait service auprès au bataillon de carabiniers 1 ;
b) de droit et pour autant qu’ils ne s’y opposent pas, tous les officiers, sous-officiers et soldats pendant la durée de leur incorporation au bataillon de carabiniers 1.
c) Peuvent aussi faire partie de la société et sur présentation du comité de la SMCV, les citoyens suisses ayant rendu d’éminents services à ladite société, incorporés ou ayant été incorporés dans l’armée et qui ne répondent pas aux conditions des lettres a) et b) ci-dessus, et ce après avoir été agréée par l’Assemblée générale.
Ils jouissent des mêmes droits que les membres actifs.
En sont exclus ceux qui, d’après la législation militaire, sont déclarés indignes de servir dans l’armée et ceux qui sont privés de leurs droits civiques.
Les membres actifs de la société, prévus sous lit a) et c) ci-dessus, sont astreints au paiement régulier d’une cotisation annuelle fixée par l’Assemblée générale. Cette cotisation sera exigée dès leur entrée dans la société et jusqu’au moment de l’honorariat.

Art. 4
Tout membre actif de la société devient membre honoraire l’année où il atteint l’âge de 65 ans, pour autant qu’il ait acquitté la cotisation annuelle de la société pendant dix ans au moins, d’une part, et qu’il ait aussi suivi régulièrement l’activité de la société, d’autre part.

Art. 5
L’Assemblée générale peut, sur préavis du comité, conférer la qualité de membre d’honneur à des personnes qui ont bien mérité de la société.

CHAPITRE III
Organes

Art. 6
Les organes de la société sont :
a) l’assemblée
b) le comité cantonal.

Art. 7
L’Assemblée générale, organe suprême de la société, est convoquée chaque année par le comité cantonal. Elle est notamment compétente pour :
a) élire le président et les membres du comité ;
b) désigner pour un an deux vérificateurs des comptes et deux suppléants ;
c) examiner et approuver les rapports du comité cantonal
d) fixer le lieu et la date de la prochaine assemblée ;
e) fixer le montant de la cotisation annuelle ;
f) délibérer et statuer sur toute proposition présentée au comité cantonal au moins dix jours avant l’Assemblée générale.
Elle procède aux élections et prend ses décisions à la majorité des membres présents.

Art. 8
Le comité cantonal se compose de :
a) du président, du vice président, du trésorier, d’un secrétaire et du rédacteur du « Carabinier vaudois », qui forment le Bureau ;
b) de membres adjoints représentant les différentes régions du canton ;
c) de droit du président d’honneur ;
d) de droit du commandant, du commandant remplaçant, de l’adjudant et des commandants de compagnie du bataillon de carabiniers 1.
Il est élu pour trois ans. Il est rééligible.
Le président est élu au scrutin individuel, les autres membres du comité au scrutin de liste.
Les membres du comité se répartissent les fonctions.
Le comité cantonal est l’organe exécutif et administratif de la société.

Art. 9
Le président représente la société

Art. 10
Pour chaque assemblée, un comité local, désigné par le comité cantonal,
· organise l’Assemblée générale,
· rend compte de sa gestion conformément au cahier des charges élaboré par le comité cantonal.
· Organise les tirs selon les prescriptions du tir hors du service.

Art. 11
Il est tenu un procès verbal de l’Assemblée générale et des séances du comité.

CHAPITRE IV
Finances

Art. 12
Les ressources de la société sont :
a) les cotisations et les revenus de la fortune sociale ;
b) les recettes diverses : dons, legs, etc.

Art. 13
Les membres d’honneur et les membres honoraires sont exonérés du paiement de la cotisation.

Art. 14
Les membres honoraires et les membres de droit peuvent acquitter la cotisation à titre volontaire.

Art. 15
Les membres de la société sont exonérés de toutes responsabilités personnelles quant aux engagements de la société, qui sont uniquement garantis par les biens de celle-ci.

CHAPITRE V
Dispositions finales

Art. 16
Toute révision des statuts peut être proposée par le comité ou demandée par le cinquième au moins des membres de la société.

Art. 17
L’Assemblée générale est seule compétente pour réviser les statuts ; toute modification doit être approuvée par les deux tiers des membres présents.

Art. 18
a) La dissolution de la société ne peut être prononcée qu’à une Assemblée générale extraordinaire réunissant au minimum les deux tiers des membres et à la majorité des quatre cinquièmes des membres présents.
b) Si le quorum des deux tiers n’est pas atteint à cette première Assemblée générale extraordinaire, une seconde Assemblée générale extraordinaire sera convoquée dans les trente jours. Elle statuera à la majorité des membres présents.

Art. 19
En cas de dissolution, les archives de la société seront déposées au Musée militaire vaudois et les fonds versés à « In Memoriam ».

Art. 20
Les présents statuts sont adoptés par l’Assemblée générale de ce jour. Ils abrogent les statuts antérieurs et entrent immédiatement en vigueur.

 

Ainsi fait lors de l’Assemblée générale, le 4 octobre 2003 à Grandson.

Le président : Le secrétaire :
Alexandre Humair Laurent Wymann